Épisode 1 - La théorie du dimanche soir

Je vivais à Paris, la ville des amoureux.

En revanche, moi je n’étais pas amoureuse : j’étais célibataire et je cherchais un nouvel appart. C’était le printemps, et l’arrivée des beaux jours réchauffait les cœurs.

J’avais finalement trouvé l’endroit parfait !

Néanmoins, ça risquait d’être difficile de trouver l’amour avec ces restes de raclette sur mes cuisses… J’allais reprendre le sport ! Enfin avant tout, il fallait déjà que je déballe tous mes cartons !

Une semaine, huit bleus sur le corps et déjà trois altercations avec la gardienne plus tard, je franchissais le pas de la salle de sport au coin de ma rue, tenue de fitness flambant neuve et motivation à son maximum.

Plutôt pas mal la salle de sport pour faire de nouvelles rencontres, et puis elle était remplie de beaux apollons transpirants avec lesquels j’avais déjà au moins un centre d’intérêt en commun !

Julien. C’était le nom du coach. Julien était un homme au physique de dieu grec et au regard de braise. Il proposait des programmes de coaching personnalisés.

Exactement ce qu’il me fallait ! Un programme personnalisé de Julien le matin, Julien le midi, Julien le soir.

Et c’était reparti, j’étais de nouveau soumise au poids de la société, qui attend de nous qu’on soit jolies, fraîches et apprêtées, même après deux heures de sport intensif !

Mon cerveau se mettait à négocier avec mes muscles : celui qui m’aimerait ne devrait-il pas m’aimer, aussi, avec mes restes de raclette ? Peut-être valait-il mieux ne pas avoir à se poser la question.

Convocation lundi pour la première séance : Julien avait donné le top départ !

Le lundi suivant, j’étais d’attaque, en tenue, brushing fait, maquillée et surtout prête à exécuter tout ce qu’on m'ordonnerait de faire. Après trente minutes de circuit élaboré par ma nouvelle cible, je ne tenais plus sur mes jambes et n’étais pas contre un petit morceau de sucre.

Sportive du dimanche, bonjour ! J'avais encore eu une super idée, maintenant que je savais qu’il allait assister et surtout rester à côté de moi pendant chaque entraînement. Pas sûre d’être sous mon meilleur jour pour qu’il tombe éperdument amoureux de moi.

Après quelques semaines de torture, je commençais à être plus à l’aise et surtout, je n’avais plus l’air d'une tomate sur pattes, mèches collées sur le front. Je décidais alors de passer à l’action, subtilement, évidemment. Je sortais mes plus beaux sourires, jouais de mes grands yeux de biche, demandais de l’aide dès que je le pouvais et riais à toutes ses blagues (même si, sincèrement, ce n’était pas le meilleur humoriste que je connaissais).

Fière de montrer mon nouveau corps en cours de transformation, je débarquais en retard à la soirée de Delphine pour me faire remarquer, impatiente de déballer ma future histoire d’amour.

Delphine, c’était l’amie d’une amie, toujours à l'affût des derniers potins, mon fidèle détective et malheureusement ce soir-là, ma briseuse de rêve.

Delphine bossait avec Lucie. Lucie était la fiancée de Julien. Fin du game.

Sur ce coup, je m’étais clairement emballée. Il faut dire qu’il n’y allait pas de main morte non plus ! Il devait s’ennuyer à la maison. Ou alors, j’avais tellement envie d’amour que j’interprétais le moindre signe de sympathie sous cet angle. Va savoir ! Je n’oserai jamais lui poser la question.

C’était la faute de tous les rêves qui se bousculaient dans ma tête, un grand monde imaginaire où j’étais l’héroïne d’un roman à l’eau de rose. Ça me procurait toutes sortes d’émotions et ensuite, évidemment, des déceptions.

Mais j’avais de la chance, je vivais dans la plus belle ville du monde qui savait panser toutes les blessures, réchauffer les cœurs et les corps.

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